STARGATE ATLANTIS : LE COMPLEXE AMÉRICAIN RÉVÉLÉ
Stargate, c'est un peu le cousin éloigné de Star Trek. Les deux séries se ressemblent énormément bien que les scénarios ratissent des zones très différentes notamment à cause du film original Stargate de Roland Emmerich qui a créé la race extra-terrestre appelée Goa'uld, sorte de serpents utilisant l'être humain comme hôte afin de conquérir les galaxies. Mais mon propos ici n'est pas de faire la critique d'une série qui a su se renouveler de saisons en saisons, ni d'expliquer son succès - huit saisons de Stargate SG-1 et un spin-off Stargate Atlantis - mais de m'arrêter sur un épisode de cette dernière série, l'épisode #106 Childhood's End/La fin de l'innocence.
L'équipe arrive sur une planète avec le Jumper - un vaisseau capable de traverser les portes - et sans savoir ce qu'ils font, privent toute une communauté de la protection d'un champ de force alimenté par une sorte de grosse pile extra-terrestre ( un ZPM ). Cette communauté avait comme coutume de mettre fin à l'existence de chaque membre arrivé à sa 24ème année, afin que leur nombre reste stable pour ne pas attirer l'attention d'une autre race, les Wraiths. En fait, cette coutume avait été mise en place il y a des décennies, car l'étendue du champ de force était limitée. Heureusement, la pile est remise en place, et le champ de force amélioré pour protéger une plus grande zone, mettant fin à la coutume.
Dans cet épisode on peut relever toute la psychologie américaine de domination paternaliste caractéristique des anciens colonisateurs. Ils arrivent quelque part, mettent la pagaille, réparent les dégats causés et finalement apportent une modification du mode de vie qui n'aurait jamais pu avoir lieu sans leur bévue. C'est beau, c'est grand et c'est particulièrement orgueilleux, sans compter que c'est irrespectueux par rapport aux coutumes qui étaient celles de la communauté. En effet, du jour au lendemain ils cessent de pratiquer le contrôle de la population alors qu'ils le faisaient depuis des milliers d'années. C'est l'effet american way of life sans doute, celui qui apporte la bonne parole : nous vivons mieux que vous car plus longtemps, vous êtes dans l'erreur, alors nous allons vous montrer que vous avez tort quitte à le faire contre votre volonté. Au final, vous serez gagnants et adopterez notre façon de faire. C'est vraiment n'importe quoi, je ne vois pas en quoi vivre 24 ans est moins valable que 60 ou 70, car dans une société où on sait qu'on va mourir jeune, on fait d'autant plus attention à ce que chaque minute passée soit utile à soi et aux autres. Peut-on en dire autant d'une personne qui a vécu 60 ans ?
Dans une telle société, rien n'empêche évidemment le changement, mais le présenter comme venant de l'extérieur la dépeint comme incapable de se changer elle-même. C'est la porte ouverte à l'ingérance et aux abus que nous connaissons bien de la part de l'Amérique.
Mais ce qui m'a frappé plus particulièrement, c'est à un moment ce que fait un des soldats - le Noir de service dans toute série US, le lieutenant Ford pour ne pas le nommer. Il s'approche des enfants et leur dit : "Vous connaissez le chocolat ?". Ils secouent la tête et il poursuit alors : "Ça va vous faire tout drôle." Il sort alors un sachet doré dans lequel on devine une confiserie quelconque comme sait si bien en faire l'Amérique : 60 grammes de sucre et 500 kcal aux 100 grammes. Si quand vous allez au zoo on vous dit de ne pas nourrir les animaux, c'est pour des raisons d'équilibre alimentaire et d'allergies. Ces pauvres gamins qui vivaient tranquilles sur une planète où ils se nourrissaient de cultures locales voient leur régime alimentaire chamboulé par cette confiserie remplie de graisse et de sucre, totalement inadaptée à leur mode de vie mais très agréable évidemment. Tellement agréable qu'ils viendront en quémander durant tout l'épisode à un des membres de l'équipe qui leur en donnera comme on en donne aux singes.
Mais qu'importe, de toute façon ces gens n'étaient rien avant que ces fiers défenseurs du mode de vie américain n'arrivent. Ils mourraient à 24 ans et ne mangeaient même pas de Kinder Bueno ou de Mars ! Heureusement, grâce à Captain America, ils sont devenus présentables ! Leur avenir ? Obésité et retraite en Floride. God bless America !
Vous l'avez dit