Skip lave plus sale
SKIP : À LA RECHERCHE DE NOUVEAUX CLIENTS
Quand il m'arrive de regarder les publicités à la télévision, parfois je tombe sur des perles grosses comme des boules de bowling. La dernière en date est la campagne de publicité et le site internet "libre de se salir" de Skip. Dans la publicité, on y voit des gamins jouer ( normal ), rire, etc. être des enfants en résumé. Plus ils jouent, plus ils se salissent, et une jolie voix off qui nous parlait de leurs exploits - jusqu'alors on ne devinait pas du tout quel produit on tentait de nous fourguer - assène d'un coup : " Les enfants ne voient pas la saleté comme nous. Ils ne sont pas sales mais CREATIFS. Alors chez Skip on a décidé qu'on devait être libre de se salir."
Prenons les choses par l'absurde. Imaginons que chez Pampers ils ont décidé qu'un bébé ne voyait pas les excréments comme nous, comme quelque chose de sale qu'on doit évacuer autrement que dans une couche à un âge avancé. Chez Pampers ils estiment qu'un enfant qui fait dans sa couche jusqu'à dix ans c'est normal car il exprime son individualité et son moi profond.
Ne riez pas. Chez Skip ils estiment que l'enfant ne voit pas la saleté comme un adulte et que donc c'est normal qu'il se salisse. Drôle d'approche à mon avis, car le rôle des adultes est d'éduquer les enfants pour que justement ils ne soient pas sales, pas qu'ils le restent. Vous me direz, c'est normal que chez Skip ils considèrent que se salir c'est normal et même à encourager vu qu'il vendent ... de la lessive.
La totale idiotie de cette campagne m'a laissé perplexe un temps puis j'ai écrit un mail à Skip en me faisant passer pour une consommatrice intéressée par le concept de la saleté créatrice et prête à l'encourager après de ses enfants à condition que Skip finance son budget lessive forcément en augmentation. La réponse a été rapide : mon mail a été transmis au service commercial et j'ai eu un bon de réduction.
Mais trêve de plaisanterie, vous aurez compris que Skip sous couvert de liberté tente d'élargir sa clientèle et les enfants sont une cible de choix. Qui n'a jamais vu des gamins revenir d'une après-midi de jeu avec les fringues crades et se faire engueuler par leurs parents, ceux-ci leur disant : "on voit que c'est pas toi qui lave et qui paye la lessive !". A force de répéter voire de punir - l'éducation oui c'est ça - les dits gamins finissent par devenir responsables et font attention à leurs fringues. Skip passe l'écueil et instaure "la liberté d'être sale". En gros, les gamins rentrent dégueux, les parents s'écrasent et lavent. Ad Lib. Résultat, vingt ans plus tard on a une génération qui ne fait pas attention à ses vêtements.
Skip investit sur le long terme en résumé.